easyJet et le règlement européen : ce qui s'applique vraiment
easyJet est l'une des compagnies les plus présentes en Europe, avec des bases à Paris-CDG, Orly, Nice, Lyon, Genève, Londres-Gatwick ou encore Milan-Malpensa. Son modèle low cost repose sur une rotation rapide des appareils : un retard pris le matin peut se propager sur toute la journée d'exploitation. C'est précisément ce type de retard « en cascade » qui ouvre le plus souvent droit à une indemnisation.
Le règlement européen EC 261/2004 s'applique à votre vol easyJet dans deux cas de figure :
- le vol décolle d'un aéroport situé dans l'Union européenne (ainsi que Norvège, Islande, Suisse), quelle que soit la destination ;
- le vol atterrit dans l'UE en provenance d'un pays tiers, à condition que le transporteur soit européen — ce qui est le cas des entités easyJet Europe (immatriculée en Autriche) et easyJet Switzerland.
Les vols opérés par easyJet UK au départ du Royaume-Uni relèvent quant à eux du régime britannique « UK261 », qui reprend la même logique avec des montants exprimés en livres sterling. Un Paris–Londres Gatwick au départ de la France reste, lui, pleinement couvert par le texte européen.
Retard de 3 heures ou plus : le seuil déterminant
La règle est simple et constante depuis la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne : le droit à indemnisation naît lorsque vous arrivez à votre destination finale avec au moins 3 heures de retard. Ce qui compte n'est ni l'heure de décollage, ni l'heure d'atterrissage annoncée par l'application, mais le moment où la porte de l'avion est ouverte et où les passagers peuvent quitter l'appareil.
Deux précisions utiles pour les voyageurs easyJet :
- si vous avez réservé un trajet avec correspondance sur une même réservation, le retard s'apprécie à l'arrivée finale, même si le premier segment n'accusait qu'un léger décalage ;
- un retard de 2 h 45 au départ qui se transforme en 3 h 10 à l'arrivée ouvre droit à indemnisation ; l'inverse est également vrai si l'équipage rattrape du temps en vol.
Le barème : 250, 400 ou 600 €
L'indemnité est forfaitaire et ne dépend ni du prix payé ni de la classe de réservation — un élément important pour les passagers low cost, dont le billet coûte parfois moins cher que l'indemnité elle-même.
- 250 € pour les vols de 1 500 km ou moins (ex. Paris–Genève, Nice–Rome) ;
- 400 € pour les vols intracommunautaires de plus de 1 500 km et les autres vols entre 1 500 et 3 500 km (ex. Paris–Lisbonne, Lyon–Athènes, Nantes–Marrakech) ;
- 600 € pour les vols de plus de 3 500 km hors UE (configuration rare sur le réseau easyJet, essentiellement certaines liaisons vers l'Égypte ou la Jordanie, à vérifier au cas par cas).
La distance se calcule selon la méthode orthodromique (grand cercle) entre l'aéroport de départ et la destination finale.
Annulation, surbooking, correspondance manquée
Le retard n'est pas le seul cas couvert. Une annulation notifiée moins de 14 jours avant le départ ouvre les mêmes droits, sauf si le réacheminement proposé respecte des horaires très proches du vol initial. Le refus d'embarquement pour cause de surréservation ouvre lui aussi droit à compensation immédiate. Enfin, si un premier segment easyJet vous fait manquer une correspondance réservée sur le même billet, c'est bien le retard final qui est pris en compte.
Les circonstances extraordinaires : ce que la compagnie peut opposer
easyJet peut refuser l'indemnisation si le retard résulte de circonstances extraordinaires échappant à son contrôle : conditions météorologiques réellement empêchantes, grève du contrôle aérien, fermeture d'espace aérien, sécurité aéroportuaire, ou décision d'une autorité.
En revanche, ne constituent pas, selon la jurisprudence constante, des circonstances extraordinaires :
- une panne technique relevant de l'entretien normal de l'appareil ;
- une grève interne du personnel de la compagnie (personnel navigant, pilotes) ;
- des problèmes d'organisation ou de rotation d'équipage ;
- le retard du vol précédent, sauf s'il découle lui-même d'une cause extraordinaire dûment établie.
Vos droits immédiats à l'aéroport
Indépendamment de l'indemnité, easyJet doit une prise en charge dès 2 h d'attente sur les court-courriers : rafraîchissements, repas, deux appels, et hébergement avec transfert si une nuit s'impose. Conservez toutes les factures : ces frais sont remboursables en sus de l'indemnité forfaitaire.
Réunir les bonnes preuves
- confirmation de réservation easyJet et numéro de vol (format EZY/U2) ;
- cartes d'embarquement, y compris numériques ;
- photo des écrans d'affichage ou des notifications reçues ;
- heure réelle d'ouverture des portes, notée sur place ;
- justificatifs de dépenses (repas, hôtel, taxi).
Jusqu'à 3 ans en arrière
Un vol easyJet perturbé en 2024 ou 2025 peut encore faire l'objet d'une réclamation : nous traitons les dossiers jusqu'à 3 ans en arrière. Les démarches sont menées à l'amiable auprès de la compagnie, sans que vous ayez à gérer les échanges. Notre commission est de 35 %, uniquement en cas de succès : aucun frais si le dossier n'aboutit pas.
Vérifiez votre éligibilité en quelques minutes avec notre simulateur d'indemnisation : numéro de vol, date et itinéraire suffisent pour estimer le montant potentiel.